A conversation with Guillaume Faye, for American Renaissance

260px-Guillaume_Faye_par_Claude_Truong-Ngoc_février_2015  Guillaume Faye is a French philosopher, known for his judeophile right-wing paganism, his call for a Eurosiberian Federation of white ethno-states, or his concept of archeofuturism, which involves combining traditionalist spirituality and concepts of sovereignty with the latest advances in science and technology.

  Grégoire Canlorbe: In my opinion, the liberalism [libertarianism, free-markets] of tomorrow will be a liberalism at the crossroads of Julius Evola and Filippo Tommaso Marinetti—a reconciliation that Italian Fascism basically failed to achieve. In other words, the liberalism of the future will be an archeofuturist liberalism. Do you envision France as a fertile ground for this new liberalism?

  Guillaume Faye: If one considers France from the point of view of Frédéric Bastiat, it is basically a communist country. In fact, France is today more communist than the Soviet Union ever was. It is one of the last bastions of communism in a world that is now profoundly liberal. Not only does government spending represent more than 58 percent of GDP, and redistribution expenditure more than 50 percent of GDP, but with a population that represents less than 1 percent of the world’s population, France represents 15 percent of the world’s welfare state redistribution.

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Entretien avec Bertrand Lemennicier, pour la revue « Arguments », édition juin 2017

 Cet entretien a été initialement publié par la revue « Arguments », dans leur édition de juillet 2017

14980562_1417909031555082_2040157926327501169_n  Bertrand Lemennicier est Professeur émérite d’économie à l’Université de Paris II Panthéon-Assas. Il est membre du Centre de Recherche en Economie et Droit (C.R.E.D.) de Paris II et Research Fellow à l’International Center for Economic Research (I.C.E.R.) Turin. Il est aussi membre de l’American Economic Association et de la prestigieuse Mont Pèlerin Society.

  Il est l’auteur de nombreux articles dans des revues académiques et de plusieurs ouvrages dont le marché du mariage et de la famille (Presse Universitaires de France, PUF 1988)), Economie du droit (Editions Cujas 1991), la morale face à l’économie (Editions Organisation 2005), d’un manuel d’e-learning intitulé Microéconomie : théorie et applications (http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/ 2000-2012), de L’art de l’Argumentation : Guide pour Intellectuels Subversifs, Contemporary Bookstore. édition des auteurs, 2015.

  Ses deux derniers livres sont respectivement : Les mythes de l’insécurité routière (Ovadia, Libre-échange Habeas Corpus, 2016) et Privatisons la Justice : Une solution radicale à une institution judiciaire injuste et inefficace à paraître (Ovadia, 2017).

  Grégoire Canlorbe : On entend souvent dire, de la part des libéraux et libertariens, qu’ils se tiennent à l’écart de toute prétention « constructiviste » ou « collectiviste ». Mais promouvoir un type de société donné, par la persuasion ou la force, étant un projet collectiviste au sens large, dans quelle mesure le fait de promouvoir une société libérale est-il alors compatible avec une logique libérale au sens strict ?

  Bertrand Lemennicier : Promouvoir une société libérale (ou une société planificatrice) par la persuasion n’est pas identique à la promouvoir par la force. La persuasion n’implique pas « a priori » une violation de la propriété de soi[1]. Persuader autrui de ne pas voter diffère de l’empêcher de voter en usant de la violence. La confusion vient du processus par lequel ce projet d’une société libérale (ou d’une société planificatrice) est imposé à l’ensemble des citoyens. Par exemple, dans le cadre d’institutions démocratiques, il faut persuader l’électeur médian d’adopter un projet d’une transition vers une société libérale.

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Entretien avec Henri Lepage, pour la revue « Arguments », édition hiver 2016

  Cet entretien a été initialement publié par la revue « Arguments », dans son édition de l’hiver 2016.

photo  Henri Lepage est économiste, connu pour ses livres Demain le Capitalisme (1978), Demain le libéralisme (1980), Pourquoi la propriété (1985) et La nouvelle économie industrielle (1989) publiés chez Hachette, collection Pluriel.

  Grégoire Canlorbe : Votre ambition dans les divers essais que vous avez écrits au cours de votre carrière, a été notamment de montrer que le libéralisme, comme idéologie prétendant régir la vie en société, se fonde sur des arguments proprement scientifiques, dont la plupart ont été conçus au XXème siècle. Ce projet est particulièrement net dès vos trois premiers ouvrages Demain le capitalisme, Autogestion et capitalisme, et enfin Demain le libéralisme, parus au tournant des années 1970 et 1980.

  Henri Lepage : Mon ambition, quand j’ai écrit ces livres, n’était pas exactement celle que vous décrivez. Elle était beaucoup plus modeste. C’était celle d’un journaliste économique, dont le sujet n’était pas seulement de tenir la chronique de l’actualité économique du jour, mais qui s’intéressait aussi et beaucoup à l’évolution des idées, en particulier dans les milieux universitaires. C’est ainsi qu’à l’époque où j’étais à la revue Entreprise, je m’étais notamment fait connaître par une série d’interviews demandant à de jeunes professeurs ou chercheurs de talent de m’expliquer en termes suffisamment simples ce qu’il y avait de neuf en matière de théorie économique. Dans ces temps-là (début des années 1970) ce genre de reportage n’était pas très courant.

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Entrevue avec Henry de Lesquen, pour Institut Coppet

  Cette entrevue a été initialement publiée sur le site web de l’Institut Coppet, le 18 avril 2017.

lCo9oYbl  Henry de Lesquen est un haut fonctionnaire, homme politique, dirigeant de radio, et essayiste français. Il poursuit de 1974 à 2013 une carrière d’administrateur civil. Président du Club, puis Carrefour de l’Horloge depuis 1985, il a pris la tête de Radio Courtoisie en 200. Il est par ailleurs conseiller municipal de Versailles de 2001 à 2014. Se réclamant du national-libéralisme, il a toujours été classé « divers droite » dans les scrutins auxquels il a participé. En 2015, il a annoncé vouloir être candidat à l’élection présidentielle de 2017, mais s’est finalement retiré en faveur de François Fillon, « seul capable de faire barrage à la gauche ».

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Entretien avec Deirdre McCloskey, pour le journal « Man and the Economy »–version francophone

  Cette entrevue a été publiée, en anglais, par le journal Man and the Economy, dans leur édition de juin 2017, et mise en ligne sur leur site web dès décembre 2016.

  Deirdre Nansen McCloskey a enseigné l’économie, l’histoire, l’anglais et la communication à l’université d’Illinois à Chicago de 2000 à 2005. Economiste, historienne et rhétoricienne réputée, elle a écrit 17 livres et environ 400 publications académiques sur des sujets divers et variés allant de l’économie technique et la théorie statistique à la promotion du transgenre et l’éthique des vertus bourgeoises. Elle est connue en tant qu’économiste « conservatrice » de l’école de Chicago (où elle a enseigné dans les Facultés d’Économie et d’Histoire de 1968 à 1980), mais se présente en tant que « femme du Midwest lettrée, adepte de la théorie quantitative, postmoderne, épiscopalienne progressiste et adepte du libre marché. Et non « conservatrice » ! Je suis une libertarienne chrétienne. »

  Son dernier livre (sorti en mai 2016 aux presses de l’Université de Chicago) s’intitule L’Égalité bourgeoise: comment les idées, et non le capital ou les institutions, ont enrichi le monde (Bourgeois Equality: How Ideas, Not Capital or Institutions, Enriched the World) et donne une explication fondée sur les idées quant à la forte élévation des standards de vie de 1800 à nos jours. Les accidents de la Réforme et de la Révolte en Europe du nord-ouest de 1517 à 1789 menèrent à une nouvelle forme de liberté et de dignité pour les citoyens – via la diffusion d’idées appelées « libérales » – qui provoquèrent ensuite l’explosion de la hausse des standards de vie par la voie du commerce dès lors « libéré ».

  Son livre précédent, appartenant à une même trilogie et intitulé La dignité bourgeoise : pourquoi l’économie est incapable d’expliquer le monde moderne (Bourgeois Dignity: Why Economics Can’t Explain the Modern World – 2010) démontre que les explications matérialistes telles que l’épargne et l’exploitation n’ont pas suffisamment de vigueur économique ou de pertinence historique. Le premier livre de la trilogie L’ère bourgeoise (the Bourgeois Era trilogy), Les vertus bourgeoises: l’éthique de l’ère du commerce (The Bourgeois Virtues: Ethics for an Age of Commerce – 2006), démontre que, contrairement à ce que clame le clergé à gauche comme à droite depuis 1848, la bourgeoisie a du bon et l’enrichissement par le commerce n’est pas la pire des éthiques.

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Entretien avec Pierre Bergé, pour la revue « Arguments »

  Cet entretien a été initialement publié par la revue « Arguments », fin mars 2017.

  Pierre Bergé est un entrepreneur en confection de luxe, essayiste, et mécène français. Compagnon d’Yves Saint Laurent, il l’aide à fonder la maison de couture du même nom. Il est aujourd’hui président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, reconnue d’utilité publique en 2002, dont les missions sont la conservation de l’œuvre d’Yves Saint Laurent, l’organisation d’expositions et le soutien d’activités culturelles et éducatives.

  De 1977 à 1981, il dirige le théâtre de l’Athénée puis préside l’Opéra Bastille de 1988 à 1993, année où il est nommé « ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO ». Soutien médiatique et financier du Parti socialiste, il est également un militant qui soutient la cause homosexuelle et la lutte contre le sida, cofondateur de l’association Sidaction dont il est aujourd’hui président. Il était propriétaire du magazine Têtu jusqu’en janvier 2013. En 2010, il prend le contrôle du quotidien Le Monde, conjointement avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse, au travers d’une recapitalisation du groupe.

  Pierre Bergé est, enfin, l’auteur de plusieurs essais consacrés à Yves Saint Laurent, ainsi qu’à la liberté et aux valeurs républicaines. Évoquons notamment Liberté, j’écris ton nom, de 1991, Inventaire Mitterrand, de 2001, Les jours s’en vont je demeure, de 2003, et Lettres à Yves, de 2008. Il se définit politiquement comme un « démocrate rooseveltien ».

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