Entretien avec Bertrand Lemennicier, pour la revue « Arguments », édition juin 2017

 Cet entretien a été initialement publié par la revue « Arguments », dans leur édition de juillet 2017

14980562_1417909031555082_2040157926327501169_n  Bertrand Lemennicier est Professeur émérite d’économie à l’Université de Paris II Panthéon-Assas. Il est membre du Centre de Recherche en Economie et Droit (C.R.E.D.) de Paris II et Research Fellow à l’International Center for Economic Research (I.C.E.R.) Turin. Il est aussi membre de l’American Economic Association et de la prestigieuse Mont Pèlerin Society.

  Il est l’auteur de nombreux articles dans des revues académiques et de plusieurs ouvrages dont le marché du mariage et de la famille (Presse Universitaires de France, PUF 1988)), Economie du droit (Editions Cujas 1991), la morale face à l’économie (Editions Organisation 2005), d’un manuel d’e-learning intitulé Microéconomie : théorie et applications (http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/ 2000-2012), de L’art de l’Argumentation : Guide pour Intellectuels Subversifs, Contemporary Bookstore. édition des auteurs, 2015.

  Ses deux derniers livres sont respectivement : Les mythes de l’insécurité routière (Ovadia, Libre-échange Habeas Corpus, 2016) et Privatisons la Justice : Une solution radicale à une institution judiciaire injuste et inefficace à paraître (Ovadia, 2017).

  Grégoire Canlorbe : On entend souvent dire, de la part des libéraux et libertariens, qu’ils se tiennent à l’écart de toute prétention « constructiviste » ou « collectiviste ». Mais promouvoir un type de société donné, par la persuasion ou la force, étant un projet collectiviste au sens large, dans quelle mesure le fait de promouvoir une société libérale est-il alors compatible avec une logique libérale au sens strict ?

  Bertrand Lemennicier : Promouvoir une société libérale (ou une société planificatrice) par la persuasion n’est pas identique à la promouvoir par la force. La persuasion n’implique pas « a priori » une violation de la propriété de soi[1]. Persuader autrui de ne pas voter diffère de l’empêcher de voter en usant de la violence. La confusion vient du processus par lequel ce projet d’une société libérale (ou d’une société planificatrice) est imposé à l’ensemble des citoyens. Par exemple, dans le cadre d’institutions démocratiques, il faut persuader l’électeur médian d’adopter un projet d’une transition vers une société libérale.

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